LA CRISE A L’EST DE LA RDC (II) : L’IGNORANCE DE L’AIDE- MEMOIRE DU CNDP DU 4 FEVRIER 2009

En mars 2009, le CNDP se félicitait d’avoir été associé aux opérations militaires conjointes de lutte  contre les forces négatives étrangères dont les FDRL/Interahamwes qui constituent actuellement une plaie meurtrière au Congo et surtout un véhicule de l’idéologie génocidaire contre les Tutsi dans la Région des Grands Lacs. Au plan politique, le CNDP cherchait  avec détermination à obtenir du Gouvernement de la République Démocratique du Congo que (a) Les Réfugiés Tutsi Congolais rentrent au Pays et que soit pris en charge leur réinstallation au Congo en toute dignité et en toute sécurité (b) Les déplacés internes dus aux conflits du Kivu rentrent dans leurs terroirs respectifs pour endiguer la crise humanitaire (d’alors)  (c) Les mécanismes durables de protection des populations dans l’Est du Congo soient conçues et mis en place effectivement pour assurer la coexistence pacifique de ethnies et des tribus (d) La participation sociologiquement équilibrée de tous – sans exclusion aucune-   à la gestion des institutions politiques tant au niveau national que provincial et local.  Le M23 est né de la non-application de ces accords du 23 mars 2009. Rappel d’un Aide-Memoire du CNDP du 4 février 2009.

Introduction

(i) Depuis le 4 Janvier 2009, il y eu des changements majeurs au sein du Congres National pour la Défense du Peuple (CNDP).

(ii) Pour rappel, le CNDP est un mouvement politico-militaire âgé aujourd’hui de quatre ans et qui n’a cessé de lutter contre le Gouvernement de  la République Démocratique en vue principalement du rapatriement des Tutsi congolais installés dans les pays voisins, Tutsi congolais ayant fui la persécution contre eux sur le sol même de leurs ancêtres, et surtout sur leurs terroirs du Nord et Sud Kivu. Cette persécution faisait suite à une tendance persistante et injuste de les considérer et les présenter comme des étrangers au Congo et à une  exclusion de facto au niveau des institutions politiques du pays. Mais au delà des Tutsi congolais, l’exclusion visait globalement et de facto le groupe ethnoculturel et linguistique  des Banyarwanda congolais (Tutsi, Hutu et Twa) qu’on voulait abusivement assimiler aux citoyens d’un pays voisin à savoir la République Rwandaise actuelle. La longue lutte pour leurs droits civiques et politiques à une histoire mais c’est avec l’avènement du CNDP que  cette lutte a pris véritablement un caractère militaire structuré et principalement fondé sur cette problématique spécifique.

(iii) Les luttes armées antérieures contre l’ordre établi telles que celles menées par l’Alliance de Forces Démocratiques de Libération (AFDL) et le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) noyaient cette problématique des banyarwanda congolais en général et Tutsi congolais en particulier dans un discours sur la Libération du Congo contre la dictature et/ou pour la bonne  gouvernance. Une fois  la victoire acquise sur le terrain ou les négociations correctement menées sur cette base du discours de Libération, la  racine du probleme a la base de la a rébellion armée demeurait entière parce que les banyarwanda congolais restaient perçus comme des étrangers dans leur propre patrie. Bien que ces luttes apportaient de modifications dans l’ordre institutionnel au niveau national, sociologiquement, il y avait persistance des tendances qu’on peut qualifiait de fascistes alimentant des positions extrémistes anti-Tutsi. Dans les derniers mois de l’année 2007, le Leadership du CNDP a eu tendance à revenir sur  le type des discours relatifs à la « Libération Totale du Congo », sous divers prétextes et suivant les schémas antérieurs ci-dessus mentionnés et ce, en dépit des avancées politiques significatives au niveau de l’ordre institutionnel actuel du Congo. Le risque majeur de cette orientation doctrinale était d’éterniser le conflit au Kivu sans que la racine des rebellions à répétition soit à jamais arrachée au profit d’une paix durable dont toutes les  populations de l’Est du Congo avaient tant besoin.

 (iv) Depuis le « Coup de force » du 4 janvier 2009 contre le Leadership d’alors, le CNDP a opté pour une résolution pacifique du conflit. Cette nouvelle orientation a  abouti à une Déclaration du Haute Commandement de l’Armée Nationale Congolaise (ANC), la branche armée du CNDP, visant à son intégration volontaire[1] au sein des Forces Armées de la République Démocratiques du Congo, la préoccupation essentielle du CNDP est de trouver des solutions satisfaisantes à la crise humanitaire actuelle et à ses revendications spécifiques dans l’ordre institutionnel actuel pour autant que le Gouvernement congolais puisse élargir sa base  de légitimité en termes d’actions accrues en faveur de la démocratie, du développement et du respect strict des droits de l’homme.. Le CNDP se félicite d’avoir été associé aux opérations militaires conjointes de lutte en cours contre les forces négatives étrangères dont les FDRL/Interahamwes qui constituent actuellement une plaie meurtrière au Congo et surtout un véhicule de l’idéologie génocidaire contre les Tutsi dans la Région des Grands Lacs[2].

(v)Au plan politique, le CNDP cherche avec détermination à obtenir du Gouvernement de la République Démocratique du Congo que (a) Les Réfugiés Tutsi Congolais rentrent au Pays et que soit pris en charge leur réinstallation au Congo en toute dignité et en toute sécurité (b) Les déplacés internes dus aux conflits du Kivu rentrent dans leurs terroirs respectifs pour endiguer la crise humanitaire actuelle (c) Les mécanismes durables de protection des populations dans l’Est du Congo soient conçues et mis en place effectivement pour assurer la coexistence pacifique de ethnies et des tribus (d) La participation sociologiquement équilibrée de tous – sans exclusion aucune-   à la gestion des institutions politiques tant au niveau national que provincial et local.

Le présent aide-mémoire (a) situe le contexte sociologique de rebellions à répétition au Kivu (b) rappelle les principes doctrinaux fondamentaux de la lutte du CNDP et ses orientations stratégiques actuelles (c) fournit des pistes pratiques et immédiates pour un retour irréversible à une paix durable au Kivu.

I.  Le contexte sociologique de rebellions à répétition au Kivu

1.1 Les communautés  pré coloniales d’Afrique  étaient organisées en villages et en clans ou tribus, voire en royaumes. Ces communautés sont abusivement appelées  abusivement «tribus» ou «ethnies» mais, en réalité, il s’agit des peuples ayant chacun son terroir, son histoire, sa culture et sa stratégie politique de survie au sein d’un Congo plutôt pluriethnique. Au Congo actuel, il existe ainsi plusieurs communautés ou peuples qui y coexistent tant bien que mal. Ces communautés pré-coloniales étaient toutes techniquement et économiquement précaires à l’arrivée des  colonisateurs. C’est pourquoi il a été facile pour ces derniers d’imposer de nouveaux Etats conçus comme des instruments d’exploitation  des Africains par les Européens.

Depuis les années 1960, ces Etats artificiels ont été proclamés indépendants et maintenus comme tels. Malheureusement, les Etats hérités de la colonisation sont devenus de véritables champs clos des luttes fratricides entre communautés ou tribus, et ce, selon des schémas souvent voulus et jadis préprogrammés par les colonialistes. On peut le constater à trois niveaux, plus ou moins accentués selon les Etats. Le «Congo» actuel  était une surface occupée par plusieurs nations africaines précoloniales plus ou moins organisées : Bakongo, Karunda, Baluba, Mongo, Azande, Banyarwanda…. Certaines de ces nations précoloniales ont été intégralement absorbées au Congo actuel (Baluba, Bakuba, …), d’autres ont été intégrées partiellement au Congo (Bakongo, Karunda, Banyarwanda…) et partiellement annexés à d’autres espaces coloniaux tels l’Angola portugais, l’Afrique Equatoriale française, les Territoires allemands du Ruanda-Urundi….A l’Est du Congo, on parle de Banyarwanda sans que cela évoque nécessairement les habitants du pays voisin, le Rwanda. Il s’agit souvent des Banyarwanda congolais (Hutu, Tutsi et Twa) installés là depuis des siècles – avant même la naissance du nouvel Etat colonial congolais- et que des malins cherchent à assimiler abusivement à des étrangers. Ce qui ne va pas sans poser de graves problèmes politiques dont celui des rébellions armées récurrentes.

1.2. En-déça des provinces actuels du Congo, il existe des territoires plus ou vastes qui sont considérées comme des “terres de pères” (Vater land) par les communautés et sur les intérêts de laquelle il n’existe un principe qui doit prévaloir sur elles. Sur ces terres “tribales”, “ethniques” ou “terroirs ancestraux” se développent  souvent des extrémismes ou fascismes locaux par nature exclusifs de toute présence des “non originaires” congolais, considérés comme des « envahisseurs » devant, tôt ou tard, être boutés de l’ «espace ancestral». On peut croire que ces fascismes locaux ou doctrines fondées sur les “terres de pères” (Vater land) consistent en un  asservissement idéologique des hommes au passé. Il s’agit en réalité d’un patriotisme local doublé d’un sectarisme affirmant l’égalité des droits et des citoyens mais restreinte aux seuls originaires d’un territoire géographique déterminé.

En effet, le fascisme local congolais est surtout le fait des leaders politiques plus ou moins bien représentés dans les institutions politiques de niveau central. Incapable de séduire la population par des propositions politiques constructives – surtout à la veille des élections- les extrémistes ou fascistes préfèrent jeter l’anathème sur les “non originaires”. Il s’agit surtout d’une fabuleuse escroquerie politicienne permettent d’exclure les autres citoyens congolais du bénéfice des droits légitimes, tels que les droits économiques et sociaux et surtout des droits civils et politiques dans les provinces de leur résidence. Lorsque les leaders n’ont plus d’idéal, ils  suscitent  un fascisme de type ethniste en s’appuyant sur des peurs irrationnelles des populations en quête permanente de conservation des « terres des pères » ou d’une certaine identité communautaire. Il  y a donc des angoisses identitaires génératrices de l’ethnisme qui font des ravages au Congo profond. C’est de là que découle  de manière durable et structurale, les sérieux problèmes politiques internes du Congo.

1.3 Contre les Banyarwanda congolais, il a été utilisé une sorte de nationalisme mais un  nationalisme en trompe-l’œil servant de support idéologique à un fascisme local précis. La réalité transfrontalière des banyarwanda n’est en rien différente de ceux des Bakongo, des Lunda ou des Ngbandi, sur les autres frontières congolaises.  Les Banyarwanda congolais (Tutsi, Hutu et Twa) sont des congolais comme les autres mais en réalité ils sont victimes faits extrémistes et fascistes quotidiens visant leur exclusion sociale et politique et juridique du Congo. Sur le plan démographique, les Banyarwanda du Kivu sont nombreux.

En présentant les Banyarwanda du Kivu comme des étrangers au Congo, les leaders politiques de tous bords cherchent tout simplement à les neutraliser pour qu’ils n’accèdent aux avantages du pouvoir politique au moyen des élections libres et transparentes. Pour ce faire, ces leaders fascistes s’appuient sur les peurs irrationnelles selon lesquelles les banyarwanda occuperont tôt ou tard la totalité des terres au détriment des autres ethnies. Au lieu d’établir ce qui unit le plus tous les Kivutiens, on cherchait à montrer que le mot « banyarwanda » rime nécessairement avec «habitants» du Rwanda voisin et à nier ainsi la  citoyenneté des banyarwanda congolais. Longtemps, les Banyarwanda congolais se sont divisés sur la manière de défendre leurs droits civils et politiques en y ajoutant un certain nombre des clivages :

  • Clivage Hutu et Tutsi alimenté médiatiquement par le Rwanda voisin à l’époque des Présidents Rwandais Kayibanda et de Habyarimana sur base de l’idéologie génocidaire ;
  • Clivage entre les Banyarwanda de Rutshuru et ceux de Masisi, les premiers  ayant vu  leurs chefferies traditionnelles maintenant à l’indépendance et les seconds ayant vu leurs chefferies disparaître au profit de l’extension des chefferies Hundes ;
  • Clivage entre Banyarwanda du Nord Kivu et ceux du Sud Kivu sur base des coutumes différentes liées aux milieux tout aussi différents ;
  • Clivage entre Banyarwanda natifs du Congo et immigrés, « naturalisés » par le fait colonial dans années 30 et 40 et fondés en droit par la Constitution actuelle de la RDC ;
  • Clivage entre intellectuels basés  dans les villes et les leaders  locaux basés dans les milieux ruraux ou clivage entre intellectuels et hommes self-made men dans les villes.

Les clivages ci-dessus ont généré des concepts et de comportements de nature conflictuelle entre Banyarwanda au point de les fragiliser politiquement de manière durable.  .  Certains sous  groupe des Banyarwanda congolais ont ainsi cherché à se nommer autrement pour éviter d’être assimilés  aux habitants du Rwanda et ainsi signifier qu’ils n’étaient pas du Rwanda voisin. On a vu apparaître d’autres « ethnies » sur base purement géographique : les « Banyamulenges » pour les Tutsi du Sud Kivu, les « Bajomba » et les  « Banyabwisha » pour les Banyarwanda de Rutshuru, les « Bagogwe » au Masisi, etc. Certains Hutu ont même décidé de s’ériger en groupe ethnoculturel différent parlant une langue inexistante, le « Kihutu » au lieu du Kinyarwanda  traditionnel et habitant un Hutu Land imaginaire.

Beaucoup avait adopté cette façon de penser et d’agir par lâcheté ou par facilité pour eux-mêmes sous la virulence des positions fascistes qui niait leur réalité historique et sociologique en tant que Banyarwanda congolais.

1.4 Dans les années 1970, les Banyarwanda congolais se sont surtout divisés sur base du sectarisme alimenté du Rwanda voisin qui menait au plan interne une politique discriminatoire contre les Tutsi et qui cherchait à l’étendre au Kivu. Certains Hutu du Congo, en alliance avec le pouvoir de Habyarimana du Rwanda ont voulu présenter les Tutsi comme des étrangers en se basant sur la morphologie de telle sorte que seuls les Hutu seraient congolais. C’est ainsi qu’on a vu des Hutu prétendre parler le « Kihutu » distinct du Kinyarwanda qui – lui – ne serait parlé que par les Tutsi.

Des professeurs et des « scientifiques » Hutu en ont fait  une religion et ont organisé les masses  dans ce sens sectaire. Cette pensée sectaire à tendance génocidaire étaient tellement avancée que la présence massive des fameux « interahamwe » c’est-à-dire les miliciens criminels Hutu venus du Rwanda n’inquiétait curieusement pas les politiciens Kivutiens. Or, ces réfugiés constituaient une enclave étrangère, autonome et dangereuse, incontrôlable par les Congolais. C’est qu’en fait la propagande anti-Tutsi au Kivu avait anesthésié la faculté critique de beaucoup des congolais sur cette question.

Les sympathies de pouvoirs successifs à Kinshasa pour les anciens ministres de son ami Habyarimana y étaient pour quelque chose aussi. Dans les années 1994-2003, les miliciens interahamwe Hutu rwandais – battus au Rwanda – continuaient leur œuvre de génocide entamée au Rwanda sur, cette fois-ci, les Tutsi congolais au Congo même. Au lieu d’être protégés par leurs compatriotes, les Tutsi congolais étaient plutôt sous le coup d’une exclusion multiforme. C’était incroyable que les Tutsi congolais se devaient de se défendre seuls pour survivre. La menace contre les Tutsi congolais était ostentatoire surtout que le Kivu constituait un passage obligé des génocidaires Hutu vers leur prétendue lutte armée contre le Rwanda. La résistance armée des Tutsi congolais était une question vitale pour eux. Les Hutus congolais progressistes s’alliaient spontanément a eux pour couper à la racine les cause de leur exclusion commune. Les autres congolais non Hutu et non Tutsi fondent l’espoir sur les insurrections armées pour faire avancer la cause de la liberté individuelle et du progrès collectif  dans la paix durable. La cause profonde des rebellions successives depuis 1996 est a située à ce niveau.

1.5 Le CNDP cristallise aujourd’hui la longue lutte pour les droits civiques et politiques des banyarwanda non pas pour assurer pour eux une quelconque morbide suprématie sur les autres ethnies ni réclamer  un quelconque redécoupage des « terres ancestrales » ; Pour la nouvelle direction politique du CNDP, la « rwandophonie » ne saurait être un prétexte politique de recul des libertés pour tous, ici au Kivu. Tout simplement, le CNDP insiste sur le fait que l’histoire du Congo est jalonnée d’exclusions à répétition des Banyarwanda congolais (Tutsi et Hutu) de la vie civile et politique.

Aussi, les objectifs  fondamentaux du CNDP sont-ils  au nombre de cinq : (i) Réconciliation nationale pour assoir une véritable coexistence pacifique entre ethnies et tribus du Congo (ii) Rapatriement des réfugiés congolais des pays voisins et d’ailleurs et des déplacés internes vers leurs  milieux d’origine (iii) Sécurisation de nos entités  géographiques d’origine et de nos communautés (iv) Participation de nos représentants aux organes exécutifs et  aux organes de délibération a tous les échelons (échelons locaux, provinciaux et nationaux) (v) Droit  a la justice et a la pleine citoyenneté dans la quotidienneté de la vie civile pour les membres de nos communautés. Beaucoup plus, le CNDP appelle le Gouvernement de la République Démocratique du Congo à lutter toute forme d’exclusion ethnique et à trouver des solutions satisfaisantes à ce type des conflits pour assurer la coexistence pacifique de ethnies et des tribus dans notre pays.  C’est pourquoi, le CNDP  affiche aujourd’hui les principes et les orientations stratégiques qui sont les siens pour faire avance la cause de la bonne gouvernance au Congo.

II. Principes  fondamentaux et orientations stratégiques  du CNDP

2.1. Principes fondamentaux du CNDP

2.1.1 Principe de l’unité territoriale du Congo

Le Congo est un héritage commun de toutes les communautés jadis y colonisées par la Belgique. L’intangibilité des frontières du Congo affirmée par le CNDP découle même de cette histoire commune de la domination coloniale et n’a de sens que dans le cadre de la sécurité collective, de la souveraineté politique et de la liberté de résidence.

2.1.2  Principe de cohésion politique de la nation

La cohésion politique de la nation a comme corollaire le devoir de coexistence pacifique des ethnies et des tribus du Congo. Il implique la suprématie de la constitution sur toutes les autres dispositions légales. Pour le CNDP, l’administration effective de la justice est une nécessite impérieuse au Congo.

2.1.3  Principe de démocratie

Le peuple est dépositaire du pouvoir politique et les dirigeants n’en sont que de commettants. Aussi, le CNDP prône-t-il la séparation des pouvoirs à tous les niveaux et leur équilibre qui constituent un mécanisme de contrôle politique essentiel.

2.1.4 Principe de respect de droit de l’homme

L’égalité de tous devant la loi implique une lutte active contre l’impunité et la lutte contre toutes les formes des discriminations. C’est dans ce sens que le CNDP affirme son orientation pour la construction effective d’un Etat de droit au Congo.

2.1.5 Principe de développement économique et social du Congo

Il n’existe pas de dignité dans la pauvreté. Le CNDP en appelle à la création de nombreuses unités de production et des infrastructures viables pour transformer nos ressources naturelles en véritables richesses du pays. Son orientation fondamentale est la libre entreprise assortie des mesures de discrimination positive pour les démunis.

2.1.6 Principe de bonne gouvernance

Le Congo doit cesser d’être une surface sans Etat. Les structures de l’administration publique doivent être repensées et mises en œuvre pour répondre effectivement  aux préoccupations majeures de nos populations. Pour le CNDP, la lutte contre la corruption, la concussion et le favoritisme ethnique constitue le moteur de la bonne gouvernance au Congo.

2.1.7 Principe de solidarité des peuples d’Afrique

Les frontières des Etats Africains ont été arbitrairement tracées par les colonialistes au 19e Siècle. Beaucoup des peuples, d’ethnies et des tribus du Congo sont à cheval sur ces frontières artificielles générant ainsi des citoyennetés transfrontalières. Pour le CNDP, l’intégration régionale, et l’usage du principe des positions diplomatiques communes dans les forums internationaux constituent des mécanismes   essentiels de co-développement économique  et social de la sous région des Grands Lacs.  

2.2 Orientations stratégiques du CNDP

2.2.1 Armée républicaine et des services de sécurité attachés aux intérêts fondamentaux de la nation.

L’armée congolaise dans sa forme actuelle est hétéroclite de par la formation militaire et la culture civique de ses éléments. Pour le CNDP, une véritable armée républicaine passe  par la définition stratégique de son rôle dans le système de défense nationale et de sécurité collective, par l’éducation civique et militaire  de ses éléments actifs et par une digne démobilisation de certains d’entre eux  vers la vie civile.

2.2.3 Structures des polices locales attachées aux intérêts locaux et à la paix intercommunautaire

La vie politique congolaise est faite des plusieurs conflits liés aux intérêts   et compétitions entre  communautés au niveau local. Or, la paix intercommunautaire est une condition impérative du développement national. Pour le CNDP, la police nationale dans sa forme actuelle doit laisser la place à une légère structure centrale  de coordination des polices locales, de composition locale et impliquant dans sa quotidienneté la nécessite permanente dialogue à travers les comites de Vérité et de Réconciliation. Les polices locales seraient de composition locale.

2.2.3 Système des scrutins garantissant les droits des communautés ethniques minoritaires à participer à la gestion politique tant nationale  que locale.

Si les élections sont une expression de la démocratie, la participation active aux organes de décision et aux organes de délibération   – à tous les échelons du pouvoir politique- en constitue le moteur. Pour la paix civile véritable, les représentants de toutes les communautés, mêmes minoritaires, doivent avoir leur place  dans les organes susmentionnés. Toute exclusion politique doit être bannie.  Pour le CNDP, l’exclusion des ethnies congolaises, accusées injustement d’être étrangères sur les terres de leurs ancêtres et l‘organisation de la société civile fondée sur des conceptions sectaires (tribalisme, ethnisme) doivent être activement combattues.

 2.2.4 Devoir du CNDP de participer dans des plateformes politiques de nature à promouvoir le développement et la bonne gouvernance.

La vie politique congolaise est structuralement mouvante. Le CNDP se réserve le droit de participer à toute plate forme politique de nature à garantir la coexistence pacifique des communautés congolaises,  à défendre le droit de ses membres à une pleine citoyenneté et  à  la dignité  humaine et à exercer en toute liberté leurs activités conformément aux lois de la République Démocratique du Congo. La Bonne Gouvernance est le principe de référence de sa détermination pour telle ou telle plate forme.

III. Pistes immédiates pour un retour irréversible à une paix durable

3.1 Création du Ministère de la sécurité intérieure, affaires communautaires et Réconciliation.

Sans préjuger sur la structure gouvernementale aux niveaux national et provincial, le CNDP souhaite piloter un Ministère, celui ayant en charge, la sécurité intérieure, les affaires communautaires et de la Réconciliation. Pour le CNDP, les objectifs immédiats seraient (i) la création des polices locales à la dimension de nos différents diocèses de l’Eglise catholique. On aurait une police locale dans chaque diocèse actuel, diocèse rebaptisée «canton». Pour tout le pays, il y aurait ainsi  47 polices locales ou « cantonales » ou sous la supervision de la police nationale réduite à une structure de coordination. La police « cantonale » comprendrait aussi une section de réconciliation  permanente des communautés locales en alliance avec le comité locale de Vérité et Réconciliation. Le CNDP pourrait fournir des effectifs importants pour la police locale dans l’actuel diocèse de Goma. (voir Carte 1 en annexe) (ii) la supervision des opérations de retour des réfugiés congolais dans les pays voisins et leur réinstallation dans leurs terroirs en collaboration avec les autres  Ministères, les Gouvernements des pays voisins ainsi des organisations internationales et la supervision du retour des déplacées internes dans les camps de fortune du Kivu dans leurs milieux d’origine (iii) la création et/ou la formation au sein des FARDC des gendarmeries susceptibles de venir en appui aux polices locales au cas ou ces dernières seraient débordées dans leurs taches habituelles.

3.2 La relance de la Communauté des Pays de Grands Lacs (CPGL) .

Il faut éviter que les banyarwanda congolais ne portent injustement le poids des mauvaises relations éventuelles entre les pays de la Région (Uganda, Rwanda, Burundi) . Les affaires d’Etat à Etat entre la RDC et ses voisins  au niveau des provinces du Kivu ne concernent pas directement les banyarwanda congolais. Elles dépassent leurs préoccupations quotidiennes de survie et d’identité congolaise. Il est important d’ouvrir même des consulats du Rwanda, de l’Uganda et du Burundi à Goma pour séparer les intérêts objectifs des banyarwanda congolais d’avec ceux des pays voisins.  Le CNDP souhaite avoir des postes importants de responsabilité dans les organes de la CPGL pour faciliter la circulation des biens et des personnes et la consolidation de la paix dans la Région des Grands Lacs.

3.3  Participation des cadres du CNDP à  la vie politique provinciale  

Le CNDP attend fermement du Gouvernement un signe de bonne foi en contre partie  de l’intégration volontaire de sa branche armée au sein des FARDC en posant des actes concrets quant à (i) la réinsertion de cadres du CNDP dans les fonctions et postes qu’ils avaient quittés en rejoignant le CNDP alors au Maquis (ii) la réintégration des acteurs politiques provinciaux  ayant rejoint dans le passé récent le CNDP dans leurs fonctions a l’Assemblée provinciale (iii) la nomination des cadres de la CNDP au niveau de la diplomatie, de la Magistrature, des services provinciaux de sécurité et de cadres de l’administration territoriale dans les territoires de Masisi, de Rutshuru et de la Ville de Goma. (iv) la nomination des cadres du CNDP au niveau de l’administration publique centrale.

Le CNDP se fera toujours le devoir de faire de propositions de nature à asseoir au Congo une culture de bonne gouvernance.


[1] Annexe : carte des diocèses catholiques de la RDC tels que regroupés par grands groupes sociolinguistiques congolais,

carte-des-dioceses 3

[2] Les Gouvernements congolais et rwandais cherchent conjointement à évacuer de notre pays les forces négatives étrangères des provinces congolaises du Nord et Sud Kivu

 

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