PERSPECTIVE 1 : UNION POLITIQUE DES ETATS DE LA CIRGL(1)

A l’heure actuelle, le panafricanisme doit être vu  plutôt comme une sorte de dépassement c’est à dire à la fois une maturation des idées plus anciennes et une rupture. Une maturation parce que l’idéal reste le même, celui  l’unité africaine.  Il s’agit aujourd’hui aussi de résoudre, durablement et structurellement, les problèmes politiques de nature  interneJean Munyampenda Ndahiriwe smallLes ennemis de l’unité africaine  ne sont que les élites politiques qui se sont approprié les Etats issus de la colonisation. Elles  ont ainsi accédé à d’immenses privilèges sociaux et se sont alliés à groupes organisés  et dont la vocation est de siphonner les ressources africaines au profit des entreprises étrangères.

Les Africains font non seulement face à  Etats qui sont des instruments d’oppression  par  militarisation du politique (obligeant souvent les opposants à recourir à la violence armée)  mais aussi à une forme d’angoisses identitaires pour les nombreux individus appartenant à des peuples précoloniaux, aujourd’hui divisés en deux ou trois Etats  et aux frontières artificielles.

Au plan diplomatique, l’Afrique manque en son sein un ‘‘groupe de puissances locales qui puissent rythmer les (nécessaires) transformations’’ tout en restant fidèle à elle-même.  Il faut impérativement une sorte d’Etat panafricain  qui serait la nouvelle  grande idée pour laquelle les gens se lèveraient pour ‘‘y investir du temps, du savoir-faire et de l’intelligence’’ et seraient  ‘‘prêts à sacrifier leur vie’’ (Achille Mbembe).

Je propose que 11 pays actuels de la conférence internationale pour la Région des Grands-Lacs  puissent avoir l’audace de former une nouvelle entité dite ‘‘République du Lumumba’’ et ce, au-delà des clivages linguistiques hérités du colonialisme.

Tableau no 1 :   Districts par Etat post colonial au sein du Lumumba

Etat postcolonial

Superficie

(Km2)

Nombres de districts[1]

Populations estimées

Angola

1.246.700

18

20.000.000

RDC

2.345.409

47

72.000.000

Tanzanie

945.203

23

43.200.000

Kenya

580.367

8

43.000.000

Ouganda

236.040

4

36.000.000

Rwanda

26.338

1

12.000.000

 Burundi

27.834

1

10.000.000

Zambie

752.618

9

14.500.000

Congo-Brazzaville

341 821

12

4 400.000

République Centrafricaine

622 984

14

4 600 000

Soudan du Sud

619. 745

10

9.500.000

Total

7.745.059

147

269.200.000

 Avec 7.745.059 Km2, Lumumba serait le septième Etat au monde par sa superficie, avant l’Australie (7.686.850 Km2) mais après le Brésil (8.514.876 Km2), la Chine (9.598.000 Km²), les Etats-Unis d’Amérique (9.827.000 Km²), le Canada (9.984.670 Km2) et  la Russie (17.098.242 Km2).

 Carte 1: Pays de la CIRGL

CIRGL CARTEAvec une population d’environ de 268.000.000 habitants en 2014 et d’immenses  potentialités (pétrole, uranium, gaz, énergie hydraulique, diamant, bois, cuivre, cobalt, café, thé, cacao, coton, produits vivriers de toutes saisons, produits d’élevage de toutes catégories), Lumumba saurait subvenir aux besoins de tous les lumumbiens  et de négocier un partenariat stratégique gagnant-gagnant à l’Occident.

Le Gouvernement central serait alors dirigé par un Premier-Ministre au nom d’un Conseil Présidentiel, réunissant les différents gouverneurs des districts (147 districts autonomes, de taille modeste).

L’objectif ultime serait celui d’inventer en Afrique une culture de la délibération et du compromis qui n’oblige pas nécessairement ceux qui protestent à recourir à la force, ni ceux qui sont au pouvoir à vouloir le garder par la force.

Il serait important – par exemple – d’établir un groupe de base tel que celui  la ”coalition des volontés” entre le Rwanda, l’Ouganda, le Kenya et le Soudan du Sud, où – pour une période déterminée (maximum 12 ans) – les Présidents Uhuru Kenyatta, Yoweri Museveni , Paul Kagame, Salva Kiir pourraient former un Conseil Présidentiel de Transition pour son édification.

L’Union formelle de ces pays se ferait à travers une Conférence panafricaine Souveraine. Peu à peu, les autres pays  de la CIRGL (y compris le Soudan) de l’IGAD et de la SADC pourraient y accéder en apportant leurs ‘‘districts devenus automnes’’ au terme des conférences nationales d’autodissolution pour entrer dans cette inédite ‘‘République du Lumumba’’.  Ce serait indiscutablement une révolution en Afrique !


[1] Il s’agit là en fait des districts dans les différents Etats actuels, sauf pour la RDC, ce sont plus ou moins les actuels diocèses de l’Eglise catholiques. Le Rwanda et le Burundi pourraient constituer des districts en eux-memes des districts.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *