RDC : UNE IDEOLOGIE PANAFRICANISTE AU SERVICE DU CHANGEMENT INTERNE

La diplomatie exige de l’on puisse nouer  des relations utiles et mutuellement avantageuses pour l’Etat et des alliances stratégiques pour stabiliser politiquement  la société dans son ensemble. La pire des choses pour un pays, c’est avoir en son sein une gouvernance étrangère dont les  préoccupations motrices sont naturellement externes.

C’est dans cette perspective qu’il s’agit ici  - d’une part - de  scruter le rôle de la ‘‘fameuse communauté internationale’’ en RDC – de la MONUSCO , en particulier et – d’autre part- de situer l’importance de l’idéologie panafricaniste dans le processus du  nécessaire changement interne pour les populations congolaises.

1.   LA MONUC/MONUSCO DEPUIS 1999 EN RDC

La MONUSCO est un instrument de la ‘‘communauté internationale’’ en RDC. Lorsque l’on parle de la ‘‘communauté internationale’’ en RDC, la notion évoque plus  les puissances occidentales, en situation des puissances tutélaires sur elle. On dit volontiers la ‘‘fameuse communauté internationale’’ dans laquelle il est exclu de trouver – par exemple – les Comores ou la Mauritanie.

Le 10 juillet 1999 un accord a été  signé à Lusaka pour trouver une solution pacifique à une guerre régionale entre d’une part les gouvernements de l’Angola, de la Namibie et le Zimbabwe en soutien au gouvernement de Laurent D. Kabila et d’autre part le Rwanda, l’Ouganda en appui aux rebellions du le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et du Mouvement de libération du Congo (MLC). Les efforts de médiation aboutirent à la signature d’un accord de cessez-le-feu à Lusaka (Zambie).

Cet accord prévoyait entre autres le départ des troupes étrangères de la RD Congo, des négociations politiques inter-congolaises pour préparer une transition politique devant mener aux élections et le déploiement d’une Mission de l’Onu pour vérifier le respect des engagements par les protagonistes. Ce fut la Mission de l’Organisation des Nations unies au du Congo (MONUC) devenue par la suite la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la Stabilisation  du Congo (MONUSCO).  A cet effet, elle compte officiellement un effectif total estimé à 19.290 militaires mais ces derniers doivent être aujourd’hui plus nombreux avec des entrées incontrôlables par le Gouvernement Congolais, en plus des contingents tanzaniens, sud-africains et  malawites de la Force Offensive dite ”FIB” !

Les différentes résolutions des Nations-Unies indiquent bien une certaine évolution de la ”Mission” onusienne :

  • Résolution 1258 du  6 août 1999 : prise de contact et évaluation technique des modalités d’une intervention  de 90 militaires de l’ONU ;
  • Résolution 1273 du 5 novembre 1999 peaufinant la mission ci-dessus jusqu’à atteindre  500 observateurs militaires ;
  • Résolution 1291 du 24 février 2000 : lancement  de la mission onusienne avec l’envoi de 5.537 militaires en RDC,  pour ‘‘ protéger les civils se trouvant sous la menace imminente de la violence physique’’ ;
  • Résolutions 1355 et 1376  entre le 9 novembre et le 15 juin 2001 : avec l’élargissement du mandat de la MONUC aux aspects de désarmement, démobilisation, rapatriement, réinstallation et réinsertion (DDRRR) des groupe ;
  • Résolution 1445  du  4 décembre 2002 : renforcement des opérations DDRRR par  augmentation de son effectif jusqu’à 8.700 soldats ;
  • Résolution 1493 du 28 juillet 2003 : renforcement des aspects militaires  et humanitaires de la Monuc en vue de saisir ou recueillir les armes ou tout matériel connexe dont la présence en RDC constituerait une violation de l’embargo sur les armes ;
  • Résolution 1533  du 12 mars 2004 : renforcement des capacités d’action de la MONUC jusqu’à 10. 800 militaires pour lui  donner  les moyens de faire respecter l’embargo sur les armes à destination de l’Est de la RDC ;
  • Résolution 1565 du  1er octobre 2004 : pour une nouvelle fois à donner à la Monuc les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses nouvelles missions  jusqu’à 16.700 militaires (5.900 hommes supplémentaires)  avec ‘‘le déploiement du personnel civil approprié, des moyens de mobilité aérienne appropriés et proportionnés et d’autres moyens de mise en œuvre…’’.

Depuis bientôt 16 ans de règne de Joseph Kabila, le Conseil de Sécurité des Nations-Unies peut rajouter ‘‘résolutions’’ sur’’ résolutions’’ sans véritablement consulter la RDC, car le faible Gouvernement Congolais ne fait qu’enregistrer les désirs ‘‘résolus’’ de la Technostructure interne à la Monusco, … sous forme des déclarations d’intentions communes de deux parties.

Ce qui remarquable aujourd’hui, c’est le fait que la Monusco a fini – de facto – par imprimer sa ligne sur toutes les activités des Agences du Système des Nations-Unies au Congo.  Il y existe – en effet- plusieurs Agences des Nations-Unies dont le PNUD, l’OMS, l’UNICEF, l’UNESCO, le BIT, l’ONUDI, l’ONU-Femmes, l’UN-Habitat, le FAO, l’OCHA, l’OIM, le FUNUAP ….et une foule des petites organisations onusiennes chargées de la systématisation de leurs interventions  en matière de sécurité ou de transport des agents, voire en matière de passation des marchés et d’échange des informations ou des consultants, etc.

Au sommet de la coordination de ces agences, il y a été institué un Bureau de coordination, dit ‘‘Bureau Intégré’’ qui anime plusieurs réunions statutaires chargées précisément des coordinations sectorielles,  d’échanges des informations, de répartition des tâches et des ressources  et surtout de production des positions communes en face du Gouvernement congolais.  C’est par ce biais que les ministères du Gouvernement congolais sont mis au pas.

Le Système de Nations-Unies au Congo  parvient ainsi à diriger  les différentes administrations congolaises en leur fournissant … des moyens de fonctionnement et  ….des idées ‘‘innocentes’’ de la manière de ‘‘diriger’’ le pays.  Les coopérations bilatérales des pays occidentaux passent souvent par ces coordinations sectorielles du Système des Nations-Unies  pour ‘‘assister’’  le Gouvernement congolais. En retour, le  Système des Nations-Unies renforce sa main mise sur les administrations congolaises.

Les hommes et les femmes, étrangers et nationaux, y recherchent activement du travail  et des petits et gros marchés,  avec un système parfait d’allégeances  courtisanes à  ce pouvoir multilatéral dominant – techniquement  et politiquement – la scène politique congolaise. Les universitaires parlent de l’ ‘‘agencisation’’ du Congo par les Nations-Unies.   Ceci est le volet civil, technique et administratif du Système des Nations au Congo.

2.   LA METHODE MONUSCO DE CONTROLE INTEGRALE DE LA RDC

L’ ‘‘agencisation onusienne’’  du Congo résulte- en fait – de la vision et de l’action même de la Monusco. La Monusco a systématiquement ajouté à  sa fonction  militaire et sécuritaire  des fonctions civiles qui consistent :

  • D’abord, en doublures des Agences dans tous les domaines  au sein de la Monusco (unité de santé, unité d’éducation, unité de lutte contre les violences sexuelles, unité de bonne gouvernance, unité d’appui aux activités agricoles, de construction,…..). Ces unités ont pour rôle principal de faire de la ‘‘visibilité’’  par  tapage médiatique en vue d’attirer l’attention sur la nécessité de la présence de la Monusco au Congo. Leur impact sur terrain est très faible, sinon nul !
  • Ensuite,  en programmes conjoints dans le cadre des missions des Agences sous la responsabilité des chefs dépendants  du Bureau intégrée.   La fonction de ces programmes conjoints est surtout de collecter des informations sur les différents secteurs de la vie congolaise et les diffuser vers les organisations, les firmes et gouvernements étrangers pour des usages immédiats ou ultérieurs.
  • Enfin,  en rapport de conformité  des tous programmes conjoints et toutes activités des Agences  à  la ligne imposée par la Monusco. De fait puis de droit, la Monusco est devenu l’institution interlocutrice essentielle  du Gouvernement congolais pour tout le système des Nations-Unies au Congo.

Par mandat spécial, le Chef de la Monusco est le Représentant du Secrétaire Général des Nations-Unies au Congo. C’est de lui que dépend le fameux ‘‘Bureau Intégré’’ des Agences onusiennes. Il domine sur le Commandement militaire des troupes onusiennes. De son Bureau, il contrôle tous les circuits de renseignements en collaboration avec les services spéciaux occidentaux en œuvre au Congo.  Et c’est un Représentant très puissant,  très écouté, sinon craint par tous les hommes politiques et les milieux sécuritaires, économiques et financiers. Il a une influence certaine sur la direction politique congolaise.

En ce sens, le Chef de la Monusco symbolise la Gouvernance exogène sur le Congo-Kinshasa. Aujourd’hui, la Monusco condense en elle toutes les projections des acteurs politiques tant nationaux qu’internationaux et  hors d’elle toutes contradictions de vie politique congolaise. Il est un vrai ‘‘Proconsul’’ de la ‘‘fameuse communauté internationale’’ en RDC.

La Monusco parle constamment du droit, surtout là où elle peut faire prévaloir ses propres droits. Elle n’évoque des violences  ou des injustices que si elle  peut les empêcher ou les imputer à des personnes ou des organisations qui troubleraient éventuellement sa mission officielle, actuelle ou future. Elle n’a plus de limite dans ses interventions au nom de la stabilisation politique et sécuritaire du pays.

La vie des pygmées, les canalisations urbaines, les questions du devenir des jeunes, la formulation des décisions et des actions nécessaires pour atteindre les OMD, la formation des officiers de la Police Judiciaire, la construction des toiletttes et des terrains des Baskets,…sont désormais de son apanage et non celui du Gouvernement de la RDC. Et non sans etouffer de nombreux scandales sexuels sur des congolaises!

Pour se mettre au dessus de tous, la MONUSCO  menace toute force organisée (officielle ou rebelle) de dévoiler des vrais ou faux massacres, voire des prétendues fosses communes des  victimes d’une quelconque  force interne autonome.

Elle était ‘‘Monuc’’, Mission des Nations Unies au Congo fixée pour une durée limitée dans le temps. Elle est devenue ‘‘Monusco’’ pour stabiliser la société congolaise. En longue durée, sans doute.  Puisqu’elle travaille surtout avec les organisations non gouvernementales de la société civile assez stipendiée aux forces exogènes.

La Monusco semble toujours vouloir signifier qu’elle est indispensable et incontournable pour stabiliser le Congo. Elle accumule les données sur les faits, les événements,  les hommes et les institutions congolaises en vue de les transformer en informations selon ses besoins spécifiques. C’est-à-dire celles qui justifient sa mission de paix et de stabilisation de la société. Il faut que l’on lui donne toujours satisfaction à ses demandes. Celles  qui accoisent ses ressources, ses agents et … sa puissance.

Il ne faut surtout pas lui prêter des desseins impériaux puisqu’elle a en son sein des Sénégalais, des Ghanéens, des Uruguayens, des Paraguayens, des Népalais  … nos ‘‘semblables’’ en termes de sous- développement. Justement, ces derniers nous ressemblent un peu trop dans nos faiblesses !

Penses-t-on que l’ex-Monuc puisse susciter ou encourager en sous main des foyers de tension pour justifier sa présence au Congo ? C’est un pas que les gens franchissent ….en silence. L’élite politique congolaise  se tait toujours lorsque l’ex-Monuc suscite des organisations non gouvernementales ou cherche à prendre en mains les intérêts des groupes civils hors contrôle de l’Etat.

La Monusco semble ne faire que de la logistique. Mais justement, c’est là que la Monusco devient de plus en plus la colonne vertébrale de la société congolaise et … renforce son pouvoir au détriment de  l’Etat : ici, c’est le transport aérien des politiciens congolais ;  là,  ce sont des fournitures de consommation pour les ONGs congolaises ; et encore là, ce sont les informations bien stylisées de la radio onusienne pour les populations congolaises, etc. Elle fait même des comptes-rendus hebdomadaires sur la situation sécuritaire et sociale des populations civiles en lieu et place du Gouvernement, devenu muet pour les questions essentielles de la Nation congolaise.

La Monusco travaille en permanence avec environ 300 ONGs dans chacune des  11 provinces du Congo  soit environ 3400 ONGs congolaises sous sa coupe. Elle utilise ainsi la société civile congolaise pour faire pression sur les dirigeants politiques congolais dans un sens ou un autre. Elle emploie indirectement des chercheurs et des journalistes acquis d’avance à sa cause et dont l’objectivité consiste à étaler des faits  – sur les conflits locaux – en les corrélant pour justifier quelque chose liée à  son maintien en RDC et non pour une pertinente cause sociologique ou politique – objective et interne –  de ces faits.  C’est en cela que les Congolais disent – à propos de la Monusco - : ‘‘No Conflits, No Job’’.

Les agences fonctionnant – désormais comme des unités intégrées de la Monusco -  s’ingénient à  collecter des données sur le Congo  et à mener des études sur les Congolais comme le faisaient jadis les colonialistes belges. Cette anthropologie néo-colonialiste  se réalise selon une approche qui renforce toujours davantage le Congo dans la dépendance d’une certaine  la ‘‘Gouvernance multilatérale’’ de type néo-colonial.

Pour ce faire,  les donnés sont empiriquement collectées, stylisés selon un thème ‘‘onusien’’ d’avance bien précis au niveau conceptuel  et  avec l’objectif  de susciter  une demande formelle d’assistance de la part des partenaires congolais. Ensuite, ce sont des  interventions multilatérales ou bilatérales  suivies d’un recrutement des jeunes novices européens ou américains, encadrés par des vieux consultants plus ou moins autoproclamés ‘’spécialistes’’ dans leurs CV. Ces vieux consultants agissent en ‘‘mécaniciens du ‘‘couper-coller’’ (‘‘cut’’ and past’’) des  projets empruntés d’ailleurs  mais plus ou moins reflétant  dans leur exécution éventuelle les fameuses ‘‘donnés  empiriquement collectées’’.  .

Puisque souvent ces ‘‘donnés  empiriquement collectées’’ sont ‘‘noircies’’ ou ‘‘exagérées’’ pour les besoins de la cause ci-dessus épinglée, beaucoup de ces projets multilatéraux ou bilatéraux de coopération internationale  restent au stade de démarrage, faute de fonds additionnels  de la contrepartie congolaise !  Ou, alors, ils deviennent des projets fonctionnant au sein des Ministères du Gouvernement comme de substituts à l’Administration publique congolaise, consommant ressources,  au su et au vu, des fonctionnaires congolais clochardisés.

La Monusco a dénaturé les fonctions des Agences onusiennes au Congo. Elle modifie  – insidieusement mais substantiellement – non seulement leurs règles d’application mais aussi les missions premières de ces Agences onusiennes. Ceux des Congolais – politiciens ou techniciens, consultants nationaux ou employés locaux du système onusien, chefs assistés des ONGS partenaires de ce dernier – bénéficiaires de cette administration parallèle de la ‘‘Gouvernance mondiale’’ au Congo, ils deviennent de facto des agents ‘‘objectifs’ de la dépendance politique extérieure de leur pays et  d’un certain conservatisme social.

Autant l’ONUC avait la mission de contrôle exogène de la RDC après  l’élimination de Patrice Lumumba ; autant la Monusco a eu pour objectif essentiel le maintien au pouvoir de Joseph Kabila.

‘‘La « communauté internationale » a habillé sa tutelle sur le Congo d’oripeaux démocratiques qui lui ont couté, de 2002 à  2006, 500 millions de dollars sans se préoccuper de savoir comment pérenniser cette ”démocratie”. (…) La RDC, plus qu’une démocratie de pure forme  sans un Etat armé pour le défendre. On ne peut que constater, hélas, que le ‘’quelque chose’’ de la ‘‘communauté internationale’’ s’apparente   plutôt  à  ‘’ n’importe quoi’’ sans intérêt pour les Congolais’’[1].

Monusco  affirme – aujourd’hui – qu’elle partira de la RDC que lorsque ce pays cessera d’ être un Etat fragile au sens moderne.Or, cette situation d’ ”Etat fragile” l’est – pour la RDC – parce qu’il existe une alliance objective entre cette Monusco et le faible et actuel Gouvernement de Kinshasa. Pour rappel, la Mission militaire des Nations-Unies est en Chypre depuis 1973 et s’interpose toujours entre les communautés chypriotes – grecques et turques-, sans chercher a les reoncilier durablement.

Fait-il blâmer vraiment la Monusco ?  Ne fait-elle qu’occuper un vide laissé par les leaders  politiques congolais,  eux-mêmes ? Sans doute ! Faut-il laisser faire la Monusco ? Non !

En général, le pouvoir n’a pas pour vocation de se subroger.  Le pouvoir acquis par l’ex- Monuc – actuelle Monusco -,  dans la société congolaise est immense – et à  terme très dangereux – pour sa souveraineté. Celle du Congo et celles de ses voisins. Au plan régional, ce pouvoir onusien sans véritable définition est excessivement dangereux.

3. UNE IDEOLOGIE PANAFRICANISTE AU SERVICE DU CHANGEMENT INTERNE

La domination d’un pays sur un autre n’est pas – en soi – un phénomène nouveau dans le monde[2].  Seulement au Congo d’une certaine ”elite inopérante” et au pouvoir d’Etat, on ne sait pas sur quel champ de bataille amorcer la lutte contre la Monusco : militaire ? Diplomatique ? Une chose est certaine. La vraie élite congolaise  sera probablement amenée  à composer une politique faite de manœuvre et de brutalité pour s’en débarrasser.

Dans les milieux intellectuels congolais, il est né un esprit, celui de contester ce pouvoir multilatéral sous lequel des puissances étrangères sont entrain  d’avancer leurs pions internes et externes pour un  contrôle durable du Congo.  Beaucoup évitent d’en parler car l’épreuve de forces avec l’ex-Monuc aurait une issue incertaine  pour eux.

Les Congolais doivent faire attention à  une chose : dans les organisations internationales en RDC,  il y  pullule des Africains qui se sont aveuglés eux-mêmes de ‘‘manière si totale et profonde jusqu’au tréfonds de leur âme’’.  Ils  agissent contre le Congo en abolissant en eux toute tension morale. Ils ne sont que des instruments d’un ‘‘pouvoir onusien’’  en marche pour une ‘‘histoire’’ qui n’est pas le fait de la volonté souveraine congolaise.

Il nous faut nos propres ‘‘gardiens de l’Etat’’[3] (soldats, policiers, gardiens de prison, espions)  qu’on formerait  comme de super chiens de garde, féroces et violents envers les ennemis tout en étant amènes et respectueux  envers les citoyens, et ce, pour la défense de la république. Quitte à ce que l’élite politique produise une architecture institutionnelle où la démocratie congolaise puisse construire ou poursuivre ‘‘ce genre d’activité sans s’avilir’’ et ‘‘laisser un héritage de belles manières’’[4] aux générations de demain.

Il nous appartient à nous-mêmes – et en définitive- de redéfinir notre propre politique de coopération. A travers nos dirigeants politiques et nos représentants à  tous les niveaux, nous devons résolument agir  pour que la coopération avec toutes les nations du monde puisse – à nous et à nos descendants-  être bénéfique comme des fruits de la liberté dans tout le Congo.

Pour les Congolais patriotes, il leur semble  urgent de mettre  fin à une sorte de ‘‘diplomatie à l’envers’’ une  forme bâtarde de l’ancienne politique mobutiste du bon voisinage- qui consiste à  effrayer ses voisins – non pas avec ses propres forces militaires mais plutôt avec des forces militaires extérieures tapies au sein de la MONUSCO. La conséquence directe est non seulement la perte totale de sa propre souveraineté mais aussi – en vue – celles des pays voisins ! Ce n’est sans doute pas ces forces extérieures bien installées en son sein  qui permettront à la RDC de retrouver un semblant de capacité militaire autonome !

La solidarité envers le peuple de la RDCongo peut ne pas venir de la fameuse communauté internationale mais de ses voisins. Dans cette perspective, un troisième mandat de Joseph Kabila n’est pas seulement anti-constitutionnel en RDC mais aussi une menace sérieuse de la sécurité au plan regional.

En fait, avec les faibles et tous temps, les puissances mondiales ne connaissent ni le droit ni la justice.  Si les leaderships des pays d’Afrique ne peuvent résister, autant qu’ils s’inclinent pour ne par être éliminés. Et personne ne viendra à leurs secours. De toutes les façons, les compétitions internes offrent assez de distractions à l’élite politique congolaise pour  pouvoir contester le pouvoir onusien.

Pire, l’élite politique pense peut être qu’une note diplomatique suffirait un jour pour écarter le danger. Comme elle est habituée à céder, elle va manger son chapeau en prétextant vouloir éviter de répandre son sang.  Elle se contentera d’évoquer une prétendue loi de la nature et de l’histoire que les nations fortes se chargent du destin des peuples faibles. Ils vont faire semblant d’oublier que le gouvernement du monde revient à ceux qui savent se risquer et se dévouer  pour forger l’avenir.

L’élite politique congolaise devrait s’inspirer de l’adage de Machiavel : les hommes doivent apprendre à ne pas être vertueux dans un monde où les autres ne le sont guère’’.  Capituler en restant incrédules devant tant d’astuces et d’intrigues  ou préparer déjà la guerre diplomatique et ….militaire, s’il le faut.  A terme, tel est le seul choix que l’ex-Monuc laisse aux patriotes congolais

Les intellectuels africains – et Congolais en particulier- reviennent donc  - aujourd’hui – au ‘‘nécessaire front panafricaniste’’ des leaders régionaux pour la formation d’un large Etat panafricain ou du moins pour un consensus diplomatique unioniste à  même résister contre une certaine maffieuse ‘‘politique internationale’’ consistant à diviser les Africains pour mieux régner sur eux ! Utopie certes mais utopie indispensable  pour canaliser les énergies populaires en faveur d’un changement politique possible !

La démocratisation en cours des Etats africains semble ainsi être une nécessité interne mais sous une contrainte externe, celle de la division des Africains entre eux qui continue – de plus belle – à  s’exercer contre eux ! Il est temps que le panafricanisme serve la démocratie et la démocratie serve l’unionisme panafricain. Ce sont là les deux faces d’un même processus profond – et prophétique – de changement. Il nous faut les assumer !

La perspective de création d’un Etat panafricain inédit serait une source essentielle d’innovations institutionnelles fondées sur la dignité humaine et l’autonomie collective d’actions sans lesquelles il n’existe point des vraies libertés individuelles. Le temps du ‘‘militantisme anti- impérialiste’’ étant révolu, l’objectif actuel du panafricanisme  est plutôt celui d’œuvrer pour des institutions politiques inédites à même d’apporter des significatives contributions à la lutte contre la pauvreté et pour la croissance économique mondiales au moyen d’une Afrique unie.

Pourquoi la RDC ne ferait-elle pas de l’initiative panafricaniste le moteur idéologique de sa propre transformation sociale interne et…en vue d’une vraie révolution par la ‘‘Bonne Gouvernance’’ et le renouvellement de facto de sa classe politique (voir : Extrait du célèbre discours du Dr Kwame Nkrumah : ‘‘Je parle de liberté’’ in www.grandslacsregion.org).

Sur le plan  pratique, il semble probable de commencer le processus fédéraliste panafricaniste par un noyau constitué de la RDC, de l’Angola, du Rwanda et du Burundi (Voir : Perspective africaine: la République du Lumumba in www.grandslacsregion.org) avant de l’élargir vers d’autres horizons plus larges.

Le peuple de la RDC a besoin de solidarité régionale et internationale. L’Occident (USA, Canada, Europe, Australie et Japon) –  au lieu d’avoir à supporter une improductive Monusco pour les Congolais-  se doit de s’investir  - mais autrement – dans une optique de la renaissance africaine aussi bien salutaire pour lui-même que pour l’Afrique, à long terme.

Jean Munyampenda


[1] Journal ‘‘Salongo’’ de Kinshasa  N0  0049 Semaine du Lundi 29 mars au Vendredi 2 Avril 2010. Dans Rubrique  ‘‘Bon à savoir’’.

[2] Voir,  Pierre Bie :La Belgique face aux investissements étrangers, CRS, Louvain, Belgique 1973.

[3] J. Patrick Dobel: Intégrité morale et vie publique, Editions Nouveaux Horizons-ARS. Paris 2006 p. 88

[4] J. Patrick Dobel: op.cit, p. 83

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