RDC: Note sur le panafricanisme en RDC

Les intellectuels africains reviennent aujourd’hui au ‘‘nécessaire front panafricaniste’’ des leaders régionaux pour la formation d’un large Etat panafricain ou du moins pour un consensus diplomatique unioniste à  même résister contre une certaine maffieuse ‘‘politique internationale’’ consistant à diviser les Africains pour mieux régner sur eux ! Utopie certes mais utopie indispensable  pour canaliser les énergies populaires en faveur d’un changement politique possible !

La démocratisation en cours des Etats africains semble ainsi être une nécessité interne mais sous une contrainte externe, celle de la division des Africains entre eux qui continue – de plus belle – à  s’exercer contre eux ! Il est temps que le panafricanisme serve la démocratie et la démocratie serve l’unionisme panafricain. Ce sont là les deux faces d’un même processus profond – et prophétique – de changement. Il nous faut les assumer !

La perspective de création d’un Etat panafricain inédit serait une source essentielle d’innovations institutionnelles fondées sur la dignité humaine et l’autonomie collective d’actions sans lesquelles il n’existe point des vraies libertés individuelles. Le temps du ‘‘militantisme anti- impérialiste’’ étant révolu, l’objectif actuel du panafricanisme  est plutôt celui d’œuvrer pour des institutions politiques inédites à même d’apporter des significatives contributions à la lutte contre la pauvreté et pour la croissance économique mondiales au moyen d’une Afrique unie.

Par ailleurs, il est urgent – pour les Congolais- de mettre aussi fin à une sorte de ‘‘diplomatie à l’envers’’une  forme bâtarde de l’ancienne politique mobutiste du bon voisinage- qui consiste à  effrayer ses voisins – non pas avec ses propres forces militaires mais plutôt avec des forces militaires extérieures en son sein. La conséquence directe est non seulement la perte totale de sa propre souveraineté mais aussi – en vue – celles des pays voisins ! Ce n’est sans doute pas ces forces extérieures bien installées en son sein  qui permettront à la RDC de retrouver un semblant de capacité militaire autonome !

Dans quelle mesure peut-on avoir confiance  en une MONUSCO qui affirme – la main au coeur- qu’elle n’est pas en RDC pour toute une eternité  mais qui évoque pudiquement son départ : seulement apres que ce pays aura  retrouvé un semblant d’Etat, un Etat non fragile au sens moderne !  Autant dire que la Monusco restera en RDC si on ne la pousse pas dehors. L’histoire des forces militaires onusiennes en Chypre, installées depuis 1973 entre les communuatés  grecques et les communautés turques du pays peut inciter au doute sur ce serment de la MONUSCO Elle  peut bien entretenir des rivalités pour mieux rester au Congo.  Aucun Pouvoir n’a pour vocation de se subroger !!

Pourquoi la RDC ne ferait-elle pas de l’initiative panafricaniste le moteur idéologique de sa propre transformation sociale interne et…en vue d’une vraie révolution par la ‘‘Bonne Gouvernance’’ et le renouvellement de facto de sa classe politique (voir : Extrait du célèbre discours du Dr Kwame Nkrumah : ‘‘Je parle de liberté’’ in www.grandslacsregion.org).

Sur le plan  pratique, il semble probable de commencer le processus fédéraliste panafricaniste par un noyau constitué de la RDC, de l’Angola, du Rwanda et du Burundi (Voir : Perspective africaine: la République du Lumumba in www.grandslacsregion.org) avant de l’élargir vers d’autres horizons plus larges. Il est – toutefois – possible de supputer sur d’autres noyaux possibles pour l’unification politique de l’Afrique. Ou – tout simplement – sur un front diplomatique pour une vraie – harmonieuse et vivifiante – cooperation interafricaine

Jean Munyampenda

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