Changement politique en RDC : Révolution Culturelle ou Révolution Economique ?

Le changement politique  aujourd’hui attendu (à court terme)  par les populations congolaises est de celles qui s’inscrivent dans l’histoire comme des mutations  de  longue perspective. Mais, que faire ?    Une révolution culturelle ou une révolution économique ? 1. Contexte politico-idéologique actuel 

Persuadés de leur impuissance, beaucoup pensent qu’il suffit d’être téléguidé  par des intérêts étrangers pour modeler l’histoire politique interne de la RDC. D’autres pour s’accrocher  ou pour  accéder aux privilèges du pouvoir en place, ils n’hésitent pas à  flatter les passions  ethno-tribales ; ils excitent des cupidités ; ils entretiennent ainsi des discordes au sein du peuple congolais.

Par une technique éprouvée, ils structurent des associations fermées tribales ;  ils en appellent à  l’union sacrée des membres de telle ou telle ethnie ou région du pays. Tous ceux-là renforcent, consciemment ou inconsciemment au sein de la société, une mentalité sectaire, mentalité  aujourd’hui dominante.   Cette mentalité ethnotribaliste travaille objectivement aux bénéfices politiques, économiques et socioculturels des individus sans foi ni loi et ce, à  tous les  niveaux de la société. C’est ainsi qu’il y a trop d’orages  et de guerres qui  broient des individus sans défense véritable.

La demande politique populaire adressée auprès de la classe politique  consiste en une attente des propositions concrètes pour la paix, la prospérité, l’unité du peuple et la fierté d’appartenir à une grande nation. En tous les cas, c’est un refus catégorique d’une version du nationalisme en trompe-l’œil. Elle s’articule contre la pauvreté aiguë des individus et contre la violation systématique des droits humains. Il s’agit surtout de mettre fin à un système odieux d’enrichissement sans cause des dirigeants politiques au détriment des populations, abandonnées à elles-mêmes Elle est une exigence d’arrêt de  l’injustice sociale criante contre les paysans … ayant cours au Congo de Mobutu à Kabila.  .

Depuis 56 ans d’indépendance, la  mutation sociale  peine à  s’enclencher ! Depuis 1960, la classe politique congolaise tente d’opérer des réformes d’envergure mais force est de constater que ce sont toujours des réformes qui ne réforment pas encore substantiellement la structure héritée de la colonisation. Des aventuriers aux cœurs tragiquement romantiques imaginent encore des destins où eux seuls compteraient  dans l’arène politique ou économique. Aujourd’hui comme en 1960 lors de l’indépendance, il y a assez de forces catastrophiques dans la société congolaise.

C’est pourquoi, le changement politique  aujourd’hui attendu (à court terme)  par les populations congolaises est de celles qui s’inscrivent dans l’histoire comme des mutations  de  longue perspective. Mais, que faire concrètement, pour s’en sortir, en termes d’option politique ?

2. Révolution culturelle  ou Révolution économique ?

La révolution culturelle met l’accent sur le changement  à  court ou moyen terme des mentalités au point de générer -  à  long terme – une nouvelle base matérielle  (exemple, la Chine) pour la société.

Elle implique une “rééducation” forcée de l’élite politique, une rééducation qui  passe par  des actions spectaculaires qui frappent l’opinion publique : l’apparition de nouveaux membres dans l’élite politique avec un discours radical par rapport au vécu quotidien, des sanctions sévères contre les déviants politiques et idéologiques avec la participation directe des populations au travail de leur dénonciation et la réalisation quasi-militaire des ouvrages flattant l’orgueil collectif des populations (infrastructures physiques et œuvres socioculturelles). La révolution culturelle ne peut qu’être volontariste dans une sorte de dictature éclairée”.

Le coût humain de cette démarche politique de révolution culturelle est tel que la transformation sociale finit par susciter au sein de la société des associations civiles de défense des droits humains, soutenus ou non par des mouvements philanthropiques externes ou des intérêts étrangers heurtés par  cette transformation. La notion des “droits humains” et  de “justice” deviennent alors une base idéologique – interne et externe -  de lutte contre une telle dictature.

La perspective d’une révolution culturelle peut être mieux rendue par  la théorie X du type de management politique autoritaire construit sur des contrôles sévères d’une police politique envahissante au niveau de société civile. Telle fut l’intention dictatoriale de Laurent Désiré Kabila de 1998 à 2000 sous forme d’une obscure conception cryptocommuniste. Elle remplaçait une autre dictature fondée sur une idée de même nature  mais crypto-libérale  et … licencieuse en forme de pratique de pillage des ressources publiques de l’Etat de 1965 à 1997 !

La révolution économique  insiste sur le changement à  court ou moyen terme de l’état matériel de la société en escomptant - pour plus tard - une transformation des valeurs traditionnelles en nouvelle ‘‘morale’’ de  réussite socio-économique (exemple Corée du Sud).

La révolution économique  implique une définition  exacte des besoins collectifs vitaux auxquels il faut donner impérativement une réponse globale et valable soit sous forme d’une planification  intégrale soit d’une politique visant à  maintenir les  équilibres macroéconomiques et  arriver ainsi à une production les biens et service au niveau des différents secteurs de la société.

La révolution économique  mise sur un usage des structures légères et appropriées  à la capacité socioculturelle (renforcée si nécessaire) des populations qui devraient se prendre en charge de manière humainement acceptable. La cause de la transformation sociale elle-même serait la production la plus large possible des éléments matériels de l’existence sociale (dimension économique) tout en laissant  à la dimension socioculturelle s’adapter à une nouvelle situation d’abondance.

La révolution économique  pousse les gens à œuvrer pour des solutions consensuelles et à la désignation des équipes  des personnes compétentes pour les mettre en exécution. Elle est mieux rendue par la théorie Y du type de management participatif  fondé – in fine – sur la   délégation des pouvoirs et l’autocontrôle dans les structures sociales.

3. Leader populiste ou leader avant-gardiste ?

Le leader doit savoir que les moyens qu’il utilise peuvent saper sa légitimité  en tant que gouvernant ou responsable d’une politique donnée et affecter ainsi les fins poursuivies.  Le leader  politique d’aujourd’hui se doit de mettre en place  une organisation structurale du changement potentiel.

Un fois au pouvoir, il doit faire usage du pouvoir pour transformer durablement la société tout étant. un dirigeant prudent  qui sait ‘‘couvrir ses arrières, ses flancs et ses positions avancées’’ en mesurant correctement ‘‘le pouvoir de ses adversaires comme celui de ses alliés.’’[1]

Les populations  doivent être l’amont et l’aval de cet objectif. C’est pourquoi, il est  indispensable que  ‘‘(…) les moyens employés, les fonds dépensés  et les possibilités auxquelles ont renonce doivent être proportionnés à la fin qu’on poursuit. les moyens mis en œuvre doivent (…), plutôt que d’être arbitraires, dispendieux ou inefficaces, contribuer de manière importante à  la poursuite réelle de l’objectif.’’[2]

La figure ci-dessus de deux pyramides imbriquées mais dont l’une est tournée de la base vers  sommet et l’autre, inversée  du sommet vers la base – illustre bien mon propos.

                   schema leadership 2

D’une part, le leader politique a l’obligation de préserver et renforcer les fondements de la société au plan communautaire. C’est le sens de la pyramide inversée allant de bas vers le haut.

D’autre part, tout leader politique  produire la bonne information et faire des suggestions en vue de traduire les décisions prises au sommet de l’Etat en termes d’activités utiles aux populations.  C’est le sens de la pyramide allant de bas vers le haut

Dans tous les cas, il est essentiel que par l’exercice effectif d’un pouvoir de décision puisse s’accompagner d’une relation d’autorité créant ou entretenant des  conditions harmonieuses de l’intégration sociale et permettant aux ‘’membres d’une communauté à se sentir solidaire, à interagir pacifiquement et à se comporter avec un minimum de civilité et de respect mutuel’’.

C’est dans cette perspective que parmi les moyens à utiliser, il y a celui de la structure organisationnelle  à  mettre pour canaliser les attentes des populations.  Dans cette optique, on  peut déceler deux  tendances du leadership dans l’élite politique de la classe politique – le leader populiste  et le leader avant-gardiste !

Le leader populiste  mise sur des mécanismes de  démagogie par lequel  il  se fait hisser ou se maintenir par les  masses au sommet politique de la société.  Pour lui, classe politique est ‘‘portée’’ par les ‘‘masses’’ car elle dépend de l’opinion publique. Pour se  hisser au sommet de la classe politique, ses actions cherchent à conformer aux variations  de l’opinion publique  et ne relèvent que de la réactivité aux dires des masses. Et, pour s’y maintenir, le leader populiste n’hésite pas à  manipuler l’opinion au lieu de fournir une information objective aux masses et une information utile aux populations.

La pyramide suivante illustre cette situation où les leaders  populistes sont au sommet des échelles sociales de la société.

       schema leadership 3

Le leader avant-gardiste  est plutôt ‘‘porté’’ par des convictions car il agit par rapport a ce qu’il envisage pour les masses.  Il ‘‘réfléchit’’ et ‘‘agit’’ pour les ‘‘ masses’’ qu’il porte en son cœur et en ses pensées. Il cherche à arriver au sommet de la pyramide politique par le choix de ses pairs

Pour lui, l’élite politique est dans la classe politique, sans être de la classe politique. Il côtoie les leaders populistes mais pour les utiliser et les soumettre à  sa vision pour en faire des simples leaders d’opinion pour sa vision..

Il renverse la pyramide en quelque sorte en son cœur.

                                     schema leadership 4

Les leaders avant-gardistes sont souvent obligés de combattre les autres membres de classe politique de vision contraire à la sienne. Surtout, ils luttent constamment contre les manipulations de l’opinion publique aiguisée en permanence les leaders populistes, …sans vision précise d’avenir pour les masses.

C’est dans ce cadre d’horizon politique de courte ou de moyenne période qu’il faut envisager la lutte politico-idéologique qui traverse la classe politique congolaise entre d’une part  les tenants de la Révolution Culturelle sous le vocable de ‘‘changement des mentalités’’ et les partisans  de la  Révolution Economique  en forme de ‘‘croissance économique rapide’’.

Dans un contexte actuel d’un Etat administrativement délétère, de quel coté peut-on ranger chacun des leaders politiques d’aujourd’hui, pouvoir et opposition confondus ?

- Si les discours politiques d’un leader sont axés surtout sur le changement des mentalités, il se définirait – malgré lui- comme un leader populiste et il s’obligerait tendanciellement à devenir un partisan d’un management politique autoritaire  du pays. Au pouvoir – ou une fois au pouvoir-, il transformerait ce management autoritaire ‘‘des mentalités’’ en une dictature politique de facto.

- Si les discours politiques du leader insistent sur la notion de  croissance économique rapide, il  se dévoilerait  - par son conservatisme social ou son économisme doctrinal – comme étant proche des cabinets d’experts financiers et des firmes multinationales plutôt que des populations. Ce leader politique tendrait immanquablement vers un certain laxisme organisationnel sous prétexte d’un management participatif en forme de recherche des consensus sans fin.

Dans les deux cas ci-dessus, l’on serait loin d’un leadership avant-gardiste. Il ne peut être avant-gardiste que s’il  est aussi un leadership transformationnel !

4. Nécessité congolaise d’un leader politique transformationnel 

Qu’est-ce que cela veut dire, un leadership transformationnel ?

Il important aujourd’hui de signifier ce qu’est un vrai leader tant le mot est galvaudé dans la classe politique congolaise. Le leader politique peut être approché selon deux critères de classification des individus : critère caractériel  et critère  opérationnel

a. Critère caractériel 

Un leader au sein d’une organisation politique peut être narcissique, possessif, séducteur ou sage

           •   Le leader narcissique a un degré d’autonomie élevé, et est souvent prêt pour l’action mais il a des difficultés pour trouver un successeur. Ses collaborateurs doivent être à son service et il n’a pas de favori car ce serait une menace. C’est la relation à soi et son investissement particulier qui donne naissance au leader narcissique (relation interne au psychisme humain).

           •   Le leader possessif s’approprie imaginaire ment autrui et la possession va de pair avec la jalousie. Le leader possessif ne tolère aucune résistance. Ces managers sont plus orientés vers les choses que vers les idées. Ils sont concernés par des résultats immédiats et se lancent dans des stratégies de diversification et d’expansion.

           •   Le leader séducteur considère l’autre comme un être à séduire. Il exerce une fascination sur son entourage qu’il séduit par la parole. Il peut être charismatique et consensuel. Il a une stratégie de maîtrise de l’organisation et donne sa préférence aux structures et aux processus de décision

           •    Le leader sage (forme la plus évoluée du psychisme) respecte l’autre comme un autre soi-même. Le leader sage est bienveillant, sévère et juste. Il permet des stratégies de développement et de croissance. Il facilite la carrière de ses collaborateurs.

b. Critère opérationnel  

Une classification plus opérationnelle du leadership d’une organisation donne les catégories suivantes :

• Le leader machiavélique (agissant selon les penchants de son âme) entretient des intrigues de bas niveau.

•  Le leader bureaucratique  est celui agissant suivant les prescrits de la loi;

•  Le leader professionnel est celui agissant suivant la légitimité prévalant ;

 • Le leader transformationnel est celui agissant suivant ses convictions  profondes.

Tableau n0 1: Combinaison des aspects caractériel et opérationnel des leaders.

schema leadership

Le Congo a besoin d’un  leadership transformationnel où le leader politique apparaît comme :

  • Un individu doté d’une  visibilité politique et susceptible d’être cité en exemple de courage pour les siens (aspect possessif) ;
  • Un individu dont la démarche politique est fondée sur le sens de la responsabilité et de la production effective des résultats et misant sur des pensées et non sur des critères de rang social, des privilèges, de titre ou d’argent  (aspect sage) ;
  • Un individu susceptible d’être suivi  du fait de sa capacité à produire un discours  structuré et suscitant une quelconque utopie pour les populations (aspect séducteur).

 Au niveau de sa personne, un vrai leader politique doit avoir de profondes convictions et être créateur d’une nouvelle culture politique pour les Congolais

  • Il doit réfléchir sur la conduite à tenir  pour organiser les hommes et les femmes en tant groupe capable d’affronter les bandes hostiles au progrès économique et social de la majorité des populations  et pour lutter contre la fatalité et les lâchetés sociales
  • Il doit prendre ses responsabilités en faisant sécession du groupe social communautaire ou du club d’amis auquel il appartient en adoptant une attitude directement hostile aux pratiques licencieuses  ou aux résultats qui font illusion !
  • Il doit se nourrir de cette honnêteté qui permet à l’intelligence de s’opposer à ceux qui répugnent à tout effort et qui rejettent toute discipline en souscrivant d’avance aux contrats léonins.
  • Il doit  demeurer insensible au mirage d’une popularité fallacieuse  car  la construction de l’Etat – un combat sans fin où le triomphe doit toujours être différé – est une lente et rigoureuse alchimie où la République n’est ni l’œuvre du hasard ni de la fièvre.

Au niveau du travail quotidien – et pour bien mener ses actions en toute transparence-, le leader politique  doit s’appuyer une solide structure de gestion politique :

  • Il doit pouvoir (1) rechercher une influence sur les hommes et les femmes par une configuration organisationnelle qui adapte le mode d’influence recherché au contexte social vécu, (2 ) fixer un équilibre entre les matières qu’il centralise et celles qu’il délègue en établissant un lien entre les responsabilités aux niveaux opérationnel et stratégique et (3) mettre en place un  système de gestion  qui relate  justement son influence que le comportement de ses proches collaborateurs.
  • Il doit (1) veiller à ce que ceux qu’il organise s’identifient à lui de manière positive et (2) miser ainsi sur leur loyauté envers les institutions publiques au regard d’une valeur centrale commune à tous, notamment au des critères  préétablies d’efficience et (3) ne jamais confondre  organigramme[5] et organisation[6] !
  • Le leader transformationnel doit  ainsi contribuer à  la formation d’une  d’élit politique, …un petit groupe considéré  comme ce qu’il y a de meilleur, de plus distingué parmi les hommes et les femmes de son entourage.
  • Il doit aiguiser la conscience des gens en les poussant à porter un jugement de valeur sur leurs propres actes dans le sens du bien et ce, en termes de leurs conséquences positives à  moyen et à long terme pour les populations.

5. Pour un choix historique en RDC

La RDC a besoin d’un ordre républicain  qui se fonderait sociologiquement sur un vrai pouvoir politique étatique organisé et appartenant toujours au peuple par l’intermédiaire représentants élus.

De toutes les façons, cet ordre républicain proviendra d’une lutte incessante des populations, y compris au terme des troubles politiques récurrentes pouvant aboutir – un jour, finalement – à une  architecture politique, inédite et dotée  son propre code discipline  sociale et de respect strict lois de fonctionnement de l’Etat  et de la société. Ce changement politique de la structure sociale serait – en soit – une bifurcation révolutionnaire.

Lors d’un changement issu des troubles,  la ‘‘révolution’’  tend à devenir un cap politique de tous dangers dont celui de la restauration d’un pouvoir tyrannique Il y a comme une inertie dans la structure sociale congolaise, … comme on l’a vu lors de l’avènement de Joseph Mobutu en 1965 et de Laurent-Désiré Kabila en 1997. Avec le pouvoir actuel, la structure basique de la société  a induit de nouveau en elle une tendance à  un retour permanent vers un équilibre en sa version de conservatrice.

L’ordre tyrannique nouveau peut toujours renaître si le nouveau pouvoir d’Etat (issu des troubles) s’emploie à l’abus (corruption, clientélisme, enrichissement sans cause, …) par un gouvernement qui ne respecte pas – de nouveau – les libertés individuelles.

Que faire ?

Il ne s’agit plus visiblement  de faire le choix entre un management autoritaire pour une suicidaire révolution culturelle ni un management participatif pour une timide révolution économique donnée mais  de bien traduire les deux en forme de nouveau paradigme dans la pensée politique congolaise.

En effet,  il faudrait combiner ‘‘révolution culturelle’’ ou par ‘‘ révolution économique’’ à  un certain degré dans la démarche de changement politique. Mais cette combinaison sera nécessairement une combinaison à  dominante contradictoire, penchant tantôt vers la révolution culturelle tantôt vers la révolution économique.

Dans  le processus de mutation sociale, il y aura des mouvements politiques oscillatoires. Pour pouvoir tenir,  les partisans du changement doivent  savoir s’en tenir à  l’essentiel : la refondation de l’Etat sur des bases solides. Dans la perspective ci-dessus, tout changement enclenché pourrait régulièrement manger ses propres enfants, avec un risque toujours permanent de rétrograder vers une conservation réactionnaire.

Il importe que le changement politique soit fondé sur un transparent et large possible consensus politique des communautés ethniques en coupant ainsi – sous leurs  pieds- les leaders sectaires à  même de servir la conservation réactionnaire.

Au niveau du Top Leader, il importe qu’il puisse[7] de :

  • Regarder plus loin en faisant ‘‘un usage discipliné de la raison’’ et ne point se  ‘‘laisser guider par des certitudes idéologiques, par l’émotion,  le désir de vengeance, la colère, l’ambition ou l’orguei
  • Envisager les choses avec prévoyance et dans un souci du   long terme et se fonder une coalition à même d’accepter sa politique, avec conviction et effort soutenu’’.
  • Savoir le moment du choix de l’action et la dynamique que ‘‘cette action enclenche en ses diverses directions possible’
  • Miser sur des réalisations authentiques et durables en faveur des populations en forme des   solutions obtenues sans contrainte ni violence.
  • Recourir à la coercition  avec parcimonie et la limiter au maximum, sans ‘‘donner le sentiment que l’opposition est muselée’’

Le choix  du ‘‘Top Leader ‘’en 2016 serait un choix historique ….s’il va dans le sens prospectif ci-dessus ! Par les élections, si possible ! Cela pourrait faire aussi l’objet d’un dialogue politique. Comme cela aurait pu être à la Conférence Nationale Souveraine de 1991-1992 mais dans un format réduit. Pourquoi pas ?

Jean Munyampenda


[1] ‘‘Dans la vie politique, c’est le pouvoir qui détermine l’éventail des chances de réussite dont on dispose. Trop souvent, les gens intègres s’imaginent que le pouvoir corrompt leur rectitude.  (…). Un dirigeant (…) doit comprendre et mesurer le pouvoir de ses adversaires comme celui de ses alliés. (…). Mais le pouvoir doit aussi durer s’il veut voir perdurer ses réalisations ; aussi l’usage du pouvoir doit-il prendre en compte la notion de durabilité sans pour autant négliger les premiers pas de sa réussite. (…)’’ in J. Patrick Dobel : Intégrité morale et vie publique, Editions Nouveaux Horizons-ARS. Paris 2006. pp.250-251
[2] Ibid. p 253
[3] On peut apparaître sage  par hypocrisie  sur une très longue période mais on ne peut être sage et machiavélique, à la fois.
[4] On ne peut pas être narcissique et prétendre chercher à transformer la société.
[5] Traduction formelle de la répartition de l’autorité et des responsabilités dans une structure de travail
[6] Coordination des activités  en vue d’atteindre les objectifs, a priori partagés par les membres d’une structure de travail.

[7] J. Patrick Dobel : Intégrité morale et vie publique, Editions Nouveaux Horizons-ARS. Paris 2006. pp.247-257

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